L’arthrose du genou, ou gonarthrose, se manifeste par des signes cliniques qui s’installent progressivement. Cette évolution se fait parfois sur plusieurs années avant de devenir véritablement handicapante au quotidien. Le Dr Thomas Stévignon, chirurgien orthopédiste à Paris spécialisé dans la chirurgie du genou, détaille les symptômes d’alerte et les situations dans lesquelles une consultation s’impose.
La gonarthrose ou arthrose du genou en quelques mots
On appelle gonarthrose l’usure progressive du cartilage qui recouvre les surfaces articulaires du genou, entre le fémur, le tibia et la rotule. Ce cartilage, normalement lisse, permet un glissement fluide des pièces osseuses lors des mouvements de flexion et d’extension. Lorsqu’il s’amincit, le cartilage du genou se fissure puis disparaît par endroits. Les contraintes mécaniques se reportent alors directement sur l’os sous-jacent, générant douleur et inflammation. Le vieillissement, le surpoids ou encore d’anciens traumatismes du genou constituent des facteurs favorisants bien identifiés pour une arthrose du genou.
Les symptômes caractéristiques de l’arthrose du genou
L’expression clinique de la gonarthrose varie d’un patient à l’autre. Néanmoins, plusieurs manifestations cliniques typiques conduisent généralement à consulter.
La douleur mécanique, premier signal d’alerte
Le symptôme cardinal de l’arthrose du genou est une douleur dite « mécanique ». Elle se déclenche principalement à l’effort : marche prolongée, montée ou descente des escaliers, port de charges, ou encore position assise maintenue trop longtemps. À l’inverse, elle s’atténue au repos et ne réveille généralement pas le patient la nuit, sauf lors de changements de position dans le lit.
Au stade initial de la maladie, cette gêne cède rapidement à l’arrêt de l’activité. Cependant, lorsque l’usure du cartilage progresse, les douleurs peuvent devenir plus intenses et plus fréquentes, limitant peu à peu le périmètre de marche.
Bien reconnaître les signes d’une gonarthrose débutante est essentiel. En effet, soulager une arthrose du genou est la meilleure solution pour empêcher ou retarder une pose de prothèse du genou.
Raideur articulaire et perte de mobilité
Les patients décrivent très fréquemment une raideur du genou, particulièrement marquée le matin au réveil ou après une station assise prolongée. Ce besoin de « dérouillage », qui dure en général quelques minutes, est très évocateur de la gonarthrose. Progressivement, la mobilité de l’articulation peut diminuer. Le genou peine alors à se plier ou à s’étendre complètement, ce qui retentit sur les activités quotidiennes.
Gonflement du genou, craquements et instabilité
Un gonflement articulaire, parfois décrit par les patients comme « de l’eau dans le genou », correspond à un épanchement de liquide synovial. Il traduit une réaction inflammatoire de la membrane synoviale face à la dégradation du cartilage. Il peut parfois s’accompagner d’une sensation de chaleur locale.
Par ailleurs, des craquements ou crépitations lors des mouvements sont couramment rapportés. Ils traduisent les irrégularités de surface du cartilage usé. Enfin, certains patients décrivent une sensation d’instabilité, comme si le genou « se dérobait » à l’appui, ce qui augmente le risque de chute et limite la confiance dans les déplacements.
Arthrose fémoro-tibiale et fémoro-patellaire : des symptômes différents
La localisation de la douleur varie selon la zone du cartilage atteinte.
Dans l’arthrose fémoro-tibiale, la plus fréquente, elle siège plutôt sur la face interne ou externe du genou et s’aggrave à la marche. Il peut s’agir selon les cas d’une arthrose unilatérale ou d’une gonarthrose interne bilatérale.
En cas d’arthrose fémoro-patellaire, la gêne est ressentie à l’avant du genou, notamment lors de la descente d’escaliers ou au moment de se relever après une position assise prolongée. Cette distinction, réalisée par le Dr Stévignon lors de l’examen clinique, est essentielle puisqu’elle oriente la stratégie de prise en charge.
Une évolution arthrosique par poussées, parfois silencieuse
L’arthrose du genou ne progresse pas de manière linéaire. Elle évolue à bas bruit, entrecoupée de poussées inflammatoires. Ces poussées congestives voient alors les symptômes s’intensifier pendant quelques jours à quelques semaines. Ces crises surviennent souvent après une sollicitation inhabituelle de l’articulation.
D’autre part, le Dr Stévignon rappelle un point important : le cartilage lui-même n’est pas innervé. L’arthrose peut donc être significativement présente sur une radiographie sans que le patient ne ressente de douleur marquée. Ce décalage entre l’imagerie et les symptômes explique pourquoi certaines personnes découvrent une gonarthrose déjà avancée tardivement, lorsque la gêne fonctionnelle devient manifeste. Il faut alors associer symptômes de l’arthrose et signes radiologiques pour bien définir les stades de la gonarthrose.
Comment soulager les symptômes de l’arthrose du genou ?
Avant d’envisager une solution chirurgicale, plusieurs mesures conservatrices permettent de limiter la gêne au quotidien. La kinésithérapie occupe une place essentielle : les exercices de renforcement musculaire adaptés à la gonarthrose et le travail de proprioception contribuent à stabiliser l’articulation. D’une manière générale, le sport conseillé en cas d’arthrose du genou privilégie les activités à faible impact articulaire comme la natation, le vélo ou la marche modérée.
Le port d’une genouillère adaptée peut apporter un soutien mécanique appréciable lors des déplacements. De plus, des injections d’acide hyaluronique dans le genou sont parfois proposées pour améliorer la lubrification articulaire et diminuer la douleur. Une alimentation anti-inflammatoire, riche en oméga-3, est également évoquée en complément. Toutefois, les compléments alimentaires pour le cartilage du genou ne disposent pas à ce jour d’un niveau de preuve suffisant pour se substituer à un traitement médical encadré.
Quand consulter le Dr Stévignon pour une gonarthrose ?
Une consultation auprès d’un chirurgien orthopédiste mérite d’être envisagée lorsque la douleur du genou persiste depuis plusieurs semaines malgré les mesures conservatrices. Savoir quand se faire opérer pour une arthrose du genou dépend alors de la douleur, de la mobilité et de l’éventuel handicap. Le Dr Thomas Stévignon réalise donc un examen clinique complet, complété par un bilan radiographique. Ce bilan du genou permet de confirmer le diagnostic de gonarthrose, d’en préciser le stade et de proposer la prise en charge la plus adaptée au profil, à l’âge et au mode de vie du patient.
