Bien connue parmi les sportifs, la rupture du ligament croisé antérieur (LCA) est un traumatisme fréquent, qui survient lors de pivots brutaux ou de décélérations soudaines. Ce traumatisme impacte directement la stabilité de la marche, d’autant qu’il peut s’accompagner d’autres lésion comme une luxation du genou. Mais que faire, juste après le choc et par la suite ?
Quels sont les premiers secours après une rupture du ligament croisé antérieur ?
À l’instant où la lésion survient, un craquement audible accompagne une douleur vive et le genou gonfle. La priorité est alors de suivre le protocole qui tient en un acronyme : GREC, soit Glace, Repos, Élévation, Compression :
- Glace : il faut appliquer du froid pendant vingt minutes, plusieurs fois par jour, afin de limiter l’inflammation.
- Repos : cesser toute activité physique et éviter de mettre du poids sur la jambe atteinte.
- Élévation : maintenir le membre surélevé pour favoriser le drainage de l’œdème.
- Compression : un bandage élastique modéré limite l’oedème et l’hémorragie interne (hémarthrose). Une contention bien ajustée stabilise temporairement l’articulation avant l’examen médical.
Les béquilles aident quant à elles à protéger l’articulation durant les premiers jours. Cette phase initiale de mise au repos évite d’aggraver les lésions internes potentielles.
Comment est établi le diagnostic du LCA ?
La consultation se déroule auprès d’un chirurgien orthopédique qui réalise des tests cliniques, comme le signe du tiroir ou le test de Lachman, pour évaluer la laxité du genou.
Pour confirmer la rupture et vérifier l’état des ménisques ou du cartilage, la prescription d’une IRM est systématique. Il s’agit pour le médecin d’avoir une vision détaillée des tissus mous. En complément, une radiographie permet d’écarter toute fracture osseuse associée au traumatisme initial.
Quel est le traitement adapté : chirurgie ou rééducation ?
L’intervention chirurgicale de la rupture du LCA n’est pas automatique. La décision dépend de différents critères, dont l’âge du patient, le niveau d’activité et la douleur.
1. Le traitement médical
Il s’adresse aux patients moins sportifs ou ne ressentant pas de dérobement du genou. Il s’agit d’une rééducation intensive visant à renforcer les muscles stabilisateurs (quadriceps et ischio-jambiers) pour compenser l’absence du ligament. Ce renforcement musculaire aide à stabiliser l’articulation lors de la marche simple.
2. Le traitement chirurgical à travers la ligamentoplastie
Pour les sportifs ou les patients actifs, la reconstruction chirurgicale est préconisée. L’opération, soit la ligamentoplastie du LCA, s’effectue par arthroscopie. Elle consiste à remplacer le ligament rompu par un transplant prélevé sur les tendons, par exemple le tendon rotulien.
Les phrases de la guérison
La réussite du traitement quel qu’il soit dépend en grande partie de la rééducation post-opératoire. Celle-ci débute dès les jours suivant l’opération pour retrouver une extension complète et réveiller la commande musculaire. Il est possible de la diviser en 3 étapes distinctes :
- Phase initiale : réduction de l’oedème et récupération de la marche.
- Phase intermédiaire : renforcement musculaire global et travail de la proprioception, soit l’équilibre.
- Retour au sport : la reprise des activités sans pivot (vélo, natation) est possible après trois mois. En revanche, les sports de contact ou de pivot (football, ski, tennis) demandent de la patience. Un délai de six à neuf mois est nécessaire pour que la greffe soit solide.
Conclusion
Subir une rupture du LCA est une épreuve physique sur le coup et à long terme, mais une bonne prise en charge auprès d’un chirurgien orthopédique permet de retrouver les capacités antérieures du genou.
