La fracture du col du fémur constitue une urgence orthopédique fréquente, en particulier chez la personne âgée. Un col du fémur cassé impose alors de savoir que faire rapidement. Le Dr Stévignon, chirurgien orthopédique spécialiste du membre inférieur à Paris, explique comment identifier les symptômes d’un col du fémur cassé et les bons réflexes dès les premières minutes. En effet, sécuriser le patient au col du fémur cassé favorisera sa récupération optimale avec un bon geste et un bon savoir faire.
Reconnaître les symptômes d’un col du fémur cassé
On appelle « col du fémur » la portion osseuse qui relie la tête fémorale au reste du fémur. Cette zone, soumise à d’importantes contraintes mécaniques, est particulièrement vulnérable chez les patients. En effet, nombre de seniors présentent une fragilité osseuse liée à l’ostéoporose. Ainsi, une simple chute de sa hauteur suffit parfois à provoquer la fracture du col du fémur. Chez le sujet jeune en revanche, il faut généralement un traumatisme à haute énergie (accident de la voie publique, chute de hauteur).
Les symptômes d’un col du fémur cassé sont en principe évocateurs. Le patient ressent une douleur vive au niveau du pli de l’aine ou à la face externe de la hanche. L’examen clinique révèle le plus souvent une jambe raccourcie avec pied tourné vers l’extérieur en rotation externe. Le patient souffre aussi souvent d’une impossibilité totale de soulever le membre inférieur ou de prendre appui. Ces signes, associés au contexte de chute, orientent fortement le diagnostic.
Col fémoral cassé : que faire en attendant les secours ?
Face à une suspicion de fracture du col du fémur, le premier réflexe consiste à contacter immédiatement les services de secours (15 ou le 112). Il ne faut surtout pas tenter de relever la personne ni de mobiliser sa jambe. Sur un col du fémur cassé, mal faire les choses risque en effet d’aggraver la lésion osseuse. Le danger alors est de compromettre la vascularisation de la tête fémorale, avec risque de complication de nécrose de la tête fémorale.
En attendant l’arrivée de l’équipe médicale, il faut couvrir le patient pour prévenir l’hypothermie. On doit le rassurer. Il ne faut lui administrer ni à boire ni à manger. En effet, le traitement impose souvent une intervention chirurgicale sous anesthésie dans de brefs délais. Dès la prise en charge hospitalière, l’équipe chirurgicale prescrit un bilan radiographique du bassin et de la hanche. Il s’agit de visualiser le trait de fracture et d’évaluer son degré de déplacement. Lorsque la fracture n’apparaît pas clairement, le radiologue prescrit un scanner de la tête fémorale ou une IRM.
Fracture du col du fémur : le traitement chirurgical
Le traitement de la fracture du col du fémur est quasi exclusivement chirurgical. L’objectif est de redonner au patient une hanche stable et indolore, permettant une reprise de la marche la plus précoce possible. Généralement, le chirurgien de la hanche intervient dans les premières heures suivant l’admission. Le but est de limiter les complications liées à l’immobilisation prolongée (thrombose veineuse, complications pulmonaires, perte d’autonomie). Le Dr Thomas Stévignon, chirurgien orthopédiste spécialiste de la hanche à Paris, distingue deux grandes approches en fonction du profil du patient et de la nature de la fracture.
Ostéosynthèse fémorale
La première solution sur un col du fémur cassé est l’ostéosynthèse de la tête fémorale. Cette technique de réparation consiste à réaligner les fragments osseux et à les fixer à l’aide de matériel (vis ou clous). Cette chirurgie de la hanche conservatrice préserve ainsi l’articulation naturelle, à la différence d’une prothèse de hanche. Un bon chirurgien de la hanche recommande généralement cette technique chez les patients jeunes ou en cas de fracture non déplacée.
Pose d’une prothèse de hanche après fracture du col du fémur
Lorsque le déplacement osseux est important, notamment chez la personne âgée, la mise en place d’une prothèse totale de hanche (PTH) est généralement privilégiée. En effet, un déplacement significatif compromet la vascularisation de la tête fémorale. Dans ce cas, le risque élevé d’ostéonécrose rend la conservation de l’articulation aléatoire. L’arthroplastie permet alors un appui immédiat et une mobilisation rapide. Ces deux éléments déterminants pour réduire les complications de la fracture du col du fémur chez la personne âgée justifient alors la pose de prothèse PTH. L’expertise du Dr Stévignon en matière de prothèses articulaires et de chirurgie prothétique lui permet d’adapter le choix de l’implant à la situation de chaque patient.
La rééducation après un col du fémur cassé : comment faire ?
La rééducation après fracture du col du fémur débute dès le lendemain de l’opération. Le kiné réalise la mise au fauteuil puis la verticalisation rapidement. Cette mobilisation précoce est essentielle pour prévenir les complications liées à l’alitement. Elle aide aussi à maintenir le capital musculaire du patient.
Les exercices de kinésithérapie visent à restaurer progressivement la force musculaire, l’équilibre et la confiance lors de la marche. La reprise de l’appui s’effectue d’abord à l’aide d’un déambulateur ou de cannes. Par la suite, le patient marche de manière autonome une fois l’articulation suffisamment consolidée. Le temps pour marcher normalement après une prothèse de hanche varie selon l’état général du patient, la technique chirurgicale employée et l’engagement dans la rééducation. De manière générale, la récupération fonctionnelle s’étend sur plusieurs mois.
Prévenir les chutes pour limiter le risque de fracture
La prévention des chutes chez les seniors constitue le levier le plus efficace pour réduire le risque de fracture du col du fémur. Cela passe par la sécurisation de l’environnement domestique. Il faut être attentif aux obstacles au sol et améliorer l’éclairage. On conseille l’installation de barres d’appui dans les zones à risque. D’autre part, le maintien d’une activité physique régulière reste primordial. Tout bon chirurgien de la hanche conseille des exercices de renforcement musculaire et d’équilibre avec un kinésithérapeute. Cette approche globale limite significativement le risque de chute et de col du fémur cassé.
Par ailleurs, le dépistage et le traitement de l’ostéoporose sont des mesures complémentaires à discuter avec le médecin traitant. Le Dr Stévignon insiste sur l’importance d’une prise en charge coordonnée entre chirurgien, médecin traitant et kinésithérapeute. Cette approche complémentaire garantit au patient les meilleures chances de retrouver son autonomie après une fracture du col du fémur.
