L’arthrose de la hanche, ou coxarthrose, est une pathologie dégénérative qui touche jusqu’à un million de personnes en France. Elle se caractérise par une usure progressive et irréversible du cartilage articulaire. Pour autant, plusieurs leviers thérapeutiques permettent de soulager l’arthrose de la hanche, en préservant la fonction articulaire et en atténuant les douleurs. Le Dr Thomas Stévignon, chirurgien orthopédiste spécialisé dans la hanche à Paris, détaille les différentes approches pour traiter efficacement une douleur coxo-fémorale.
Comprendre la douleur liée à l’arthrose de la hanche
La coxarthrose est classifiée du stade 1 au stade 4 en fonction du degré d’usure du cartilage. Son symptôme clinique majeur est la douleur, appelée coxalgie. Cette arthralgie de la hanche se manifeste typiquement au niveau du pli de l’aine. Parfois, elle peut aussi irradier vers la fesse, la cuisse, voire jusqu’au genou. Dans ce cas, le diagnostic différentiel d’une arthrose de la hanche peut s’avérer moins évident qu’il n’y paraît.
Cette douleur de la hanche obéit à deux mécanismes distincts. Elle est fréquemment ressentie « à froid », lorsque l’articulation est ankylosée (au lever ou après une position assise prolongée). Il existe aussi une coxalgie « à chaud », à la suite d’un effort physique trop intense. Le Dr Stévignon rappelle qu’il n’existe pas de corrélation entre la sévérité des signes radiologiques et la douleur ressentie par le patient. C’est pourquoi une coxarthrose de stade 4 est parfois mieux tolérée qu’une atteinte de stade 2. Le ressenti clinique du patient reste donc le véritable guide de la stratégie thérapeutique pour savoir s’il faut opérer ou pas une arthrose de la hanche ?
Soulager l’arthrose de la hanche par l’activité physique et kinésithérapie
Le traitement conservateur d’une arthrose de la hanche reste essentiel, que ce soit avant ou après le déroulement d’une pose de prothèse de hanche.
L’exercice adapté : un traitement naturel de la coxarthrose
Le traitement sans chirurgie repose en premier lieu sur le maintien d’une activité physique régulière. Contrairement à une idée reçue, l’inactivité aggrave la situation en favorisant la raideur et l’affaiblissement musculaire. La marche sur sol plat constitue le premier sport conseillé en cas de coxarthrose. La natation et le vélo sont également adaptés. En effet, ce derniers sollicitent l’articulation de la hanche sans la soumettre à des impacts répétés.
L’essentiel est donc de maintenir un mouvement régulier et dosé, en évitant les activités à forte contrainte articulaire. Ce maintien en activité contribue directement à préserver la mobilité et à calmer la douleur de la hanche naturellement au quotidien.
La kinésithérapie et l’auto-rééducation de la hanche arthrosique
Le chirurgien préconise des séances de kinésithérapie en complément de l’activité physique. Elles associent trois types d’exercices.
- Renforcement musculaire des stabilisateurs de la hanche (notamment les muscles fessiers).
- Étirements progressifs.
- Assouplissement articulaire.
Tout meilleur chirurgien de la hanche souligne l’importance de ces exercices spécifiques d’auto-rééducation de la hanche. Le patient les effectue à domicile entre les séances. Leur objectif est d’empêcher le développement d’une fibrose tissulaire qui aggraverait la raideur articulaire.
Par ailleurs, la physiothérapie offre des solutions pour soulager l’intensité et la durée d’une crise d’arthrose de la hanche. L’application de chaleur permet de détendre une articulation « froide » et ankylosée. Inversement, la cryothérapie apaise l’inflammation après un effort trop soutenu, en veillant toutefois à protéger la peau.
Perte de poids et hygiène de vie pour l’arthrose
Chez les patients en surcharge pondérale, le lien entre perte de poids et douleurs de hanche est bien établi. Alléger les contraintes mécaniques exercées sur l’articulation contribue directement à réduire l’intensité des symptômes. Une alimentation équilibrée, éventuellement orientée vers des choix anti-inflammatoires, peut accompagner cette démarche dans le cadre d’une prise en charge globale de la coxarthrose.
Traitements médicamenteux et infiltrations : quels résultats ?
Lorsque la douleur devient gênante au quotidien, des antalgiques par voie orale peuvent être prescrits pour rendre la vie plus supportable. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont parfois utilisés lors des poussées inflammatoires.
La question de l’infiltration de corticoïde dans la hanche revient fréquemment en consultation. Cependant, le Dr Thomas Stévignon note que les infiltrations, qu’il s’agisse de cortisone ou d’acide hyaluronique (viscosupplémentation), ne donnent généralement pas de résultats suffisants pour pallier durablement la douleur de la coxarthrose. Si elles peuvent apporter un soulagement temporaire, elles ne constituent pas une solution pérenne à elles seules.
Quand soulager une arthrose de hanche par chirurgie prothétique ?
Lorsque les traitements conservateurs ne suffisent plus à contenir la douleur et que la qualité de vie est significativement altérée, le recours à la chirurgie se pose. Le traitement chirurgical de référence est la prothèse totale de hanche (PTH), qui consiste à remplacer l’articulation usée pour supprimer définitivement le frottement osseux responsable de la coxalgie.
Le Dr Stévignon insiste sur l’importance du bon moment pour opérer une arthrose de la hanche. La décision résulte d’un échange approfondi avec le patient et d’une prise en charge globale. Pour toute prothèse de hanche, l’objectif est d’intervenir ni trop tôt, ni trop tard. La chirurgie de la hanche est envisagée lorsque la douleur devient trop intense ou trop fréquente pour être gérée par les mesures conservatrices. La grande majorité des patients retrouvent alors une hanche indolore et une mobilité normale, sans boiterie.
Soulager l’arthrose de la hanche repose ainsi sur une stratégie progressive et personnalisée. Un chirurgien orthopédique de renom ne se précipite jamais sur la chirurgie, s’adaptant à chaque stade de la gonarthrose et au ressenti de chaque patient. De la kinésithérapie à la prothèse, chaque étape d’une arthrose de hanche vise un même objectif : préserver au mieux la fonction articulaire pour soulager la qualité de vie.
