L’arthrose de hanche et le mal de dos coexistent fréquemment chez un même patient, au point que leur association constitue un véritable sujet en chirurgie orthopédique. Le Dr Thomas Stévignon, chirurgien orthopédiste spécialisé dans la chirurgie de la hanche à Paris, revient sur les mécanismes qui relient la coxarthrose aux douleurs lombaires. Comment soulager alors mal au dos et mal de hanche ?
Pourquoi l’arthrose de hanche provoque-t-elle un mal de dos ?
La hanche et le rachis lombaire ne fonctionnent pas indépendamment. Ils forment un système intégré, parfois désigné sous le terme de « syndrome hanche-rachis » (ou « hip-spine syndrome »). Son rôle est à la fois statique (posture) et dynamique (mouvements). C’est pourquoi tout un dysfonctionnement de l’une des deux régions retentit mécaniquement sur l’autre. Ainsi, lorsque l’arthrose de la hanche s’installe, ses conséquences s’étendent au-delà de la seule articulation coxo-fémorale.
La marche antalgique et ses conséquences sur les lombaires
La coxarthrose entraîne une destruction progressive du cartilage de l’articulation entre le fémur et le bassin. À mesure que cette articulation devient raide et douloureuse, le patient modifie involontairement sa façon de marcher. Généralement, il raccourcit le pas du côté douloureux, déporte son poids du côté sain et adapte la position de son bassin. Cette marche dite « antalgique » crée un déséquilibre postural. Ce dernier contraint ainsi la colonne lombaire à compenser en se cambrant de manière anormale. Il en résulte une surcharge mécanique des muscles et des articulations du bas du dos, source de lombalgie parfois tenace. Cette dernière s’installe d’autant plus vite que la durée des crises d’arthrose de la hanche se rallonge.
La fonte musculaire, facteur aggravant du mal de dos ou de l’arthralgie
Par ailleurs, une arthrose de hanche ancienne favorise une fonte musculaire, parfois significative. Cette perte de tonicité ne se limite pas à l’articulation coxo-fémorale touchée. Au contraire, elle affecte l’ensemble de la chaîne musculaire du membre inférieur et du tronc, fragilisant davantage la région lombaire. Un cercle vicieux s’installe alors, dans lequel la douleur de hanche entretient le mal de dos, lequel aggrave à son tour la boiterie et les compensations posturales.
Arthrose de hanche et mal de dos : bien identifier l’origine des douleurs
Toute douleur ressentie dans la région de la hanche ne provient pas nécessairement de l’articulation coxo-fémorale. Il existe en effet des douleurs dites « projetées », d’origine vertébrale (hernie discale, arthrose lombaire, atteinte de l’articulation sacro-iliaque), qui se manifestent dans la fesse ou l’aine et peuvent être confondues avec une coxarthrose.
Le Dr Stévignon rappelle que la douleur de l’arthrose de hanche typique se localise au pli de l’aine, irradiant vers la face antérieure de la cuisse, voire jusqu’au genou. Elle s’aggrave à la marche, dans les escaliers et après une position assise prolongée. En revanche, une douleur projetée depuis le dos est souvent plus diffuse, difficile à localiser avec précision, et s’accompagne d’une sensation de raideur lombaire.
L’examen clinique permet généralement de trancher : lors d’une douleur projetée, la mobilité de la hanche reste normale. Inversement, en cas de coxarthrose véritable, les mouvements de rotation, de flexion et d’abduction deviennent douloureux et limités. Le recours à l’imagerie (radiographies, IRM) complète le diagnostic lorsque nécessaire. Cette distinction est essentielle car il est impossible de traiter efficacement l’un sans considérer l’autre. C’est alors que peut se poser la question d’une opération de la hanche arthrosique ou pas ?
Soulager l’arthrose de hanche et le mal de dos : une approche globale
Le Dr Thomas Stévignon insiste sur la nécessité de considérer l’ensemble de la chaîne lombopelvienne dans la prise en charge de toute coxarthrose. Traiter la douleur hanche de manière isolée sans se préoccuper du rachis, ou l’inverse, conduit souvent à des résultats incomplets.
Kinésithérapie et renforcement musculaire ciblé coxarthrose / lombalgie
La kinésithérapie constitue un pilier du traitement conservateur. Le renforcement musculaire doit impérativement intégrer les muscles de la cuisse et les fessiers, mais aussi ceux du bas du dos. Des étirements ciblés de la hanche contribuent par ailleurs à soulager les tensions lombaires en restaurant une meilleure amplitude articulaire. Ces exercices, réalisés de manière progressive et sans jamais forcer en cas de douleur osseuse ou musculaire, jouent un rôle hautement favorable dans la récupération globale. Un travail de proprioception et de correction posturale peut aussi être intégré à la rééducation.
Adapter son quotidien en cas de coxarthrose et mal de dos
Au-delà de la rééducation, certaines adaptations du mode de vie permettent de soulager simultanément l’arthrose de hanche et le dos. Le maintien d’une activité physique adaptée (marche sur terrain plat, natation, vélo d’appartement), ainsi que la perte de poids le cas échéant, contribuent à diminuer les contraintes mécaniques exercées sur les deux régions. La question de la position de sommeil revient fréquemment en consultation : le décubitus latéral sur le côté sain, un coussin placé entre les genoux pour maintenir l’alignement du bassin, est généralement recommandé sur une douleur de la hanche. Enfin, un traitement médicamenteux associant antalgiques et anti-inflammatoires non stéroïdiens peut être prescrit pour contrôler les phases douloureuses aiguës associant arthrose de la hanche et mal de dos.
Quand la prothèse de hanche soulage aussi le mal de dos ?
Lorsque le traitement conservateur ne suffit plus et que la coxarthrose devient trop invalidante, la mise en place d’une prothèse totale de hanche constitue souvent la solution privilégiée. Il existe aujourd’hui différents types de prothèses, adaptés selon leur composition (métallique ou céramique), leur résistance, ou encore la technique de pose (cimentée ou non).
En restaurant la mobilité articulaire et en supprimant la douleur, l’arthroplastie permet au patient de retrouver une marche symétrique. Les compensations posturales qui surchargeaient le rachis lombaire disparaissent alors progressivement. La reprise d’une marche sans béquilles s’observe généralement autour d’un mois après la chirurgie de la hanche. Le remodelage complet de l’articulation et de ses tissus environnants demande entre 3 et 6 mois.
Tout meilleur chirurgien de la hanche sur Paris insiste néanmoins sur un point : la récupération des muscles péri-articulaires participe activement à la consolidation de l’implant en absorbant une grande partie des chocs du quotidien. Le temps de récupération pour marcher normalement après une prothèse de hanche doit donc être respecté. Le programme de rééducation postopératoire doit donc être progressif, en ciblant un renforcement musculaire équilibré de la hanche et du bas du dos pour garantir un résultat durable. C’est à cette condition que l’arthrose de hanche et le mal de dos associé peuvent être durablement soulagés.
