Genou qui craque après l’opération du LCA : quelles sont les raisons ?

par | 24 juillet 2025

Cette actualité appartient aux catégories suivantes : Genou | Opération ligaments croisés antérieurs

Un genou qui craque, a fortiori après une opération du LCA (ligament croisé antérieur), peut inquiéter. Mais quelles en sont les raisons ? Le phénomène de craquement post-opératoire du genou est relativement fréquent, notamment entre 2 et 6 mois après la reconstruction ligamentaire. Bien qu’il soit généralement bénin, il convient d’en comprendre les mécanismes pour écarter toute complication sous-jacente.

 

Après l’opération du LCA, une cicatrisation progressive et des tissus encore en adaptation

Après une ligamentoplastie, le genou entre dans une phase de rééducation active, avec un remodelage progressif des tissus. Les craquements perçus, le plus souvent mécaniques, sont notamment liés à :

  • Un accrochage des tendons ou des muscles sur une zone cicatricielle en cours de remodelage
  • La présence de synovie (liquide qui lubrifie l’articulation) épaissie ou de fibrose péri-articulaire qui modifie temporairement le glissement normal des structures
  • Une restructuration du greffon au sein du tunnel fémoral ou tibial, ce qui peut générer des sensations inhabituelles lors de certains mouvements

Pour autant ce type de craquement est la plupart du temps indolore, intermittent et tend à diminuer spontanément au fil des mois.

 

Le rôle de la rééducation après l’opération du LCA

La rééducation post-opératoire, en particulier dans les trois à six mois suivant l’intervention, est un déterminant majeur de la stabilité du genou. Lorsqu’elle est incomplète ou mal calibrée, elle peut participer à l’apparition de craquements mécaniques, généralement sans signification pathologique mais parfois révélateurs d’une dysfonction sous-jacente.

Ainsi, parmi les points à surveiller : le muscle quadriceps, situé à l’avant de la cuisse. Il est affaibli après l’intervention, d’où l’importance de le travailler. Si ce muscle ne retrouve pas assez vite sa force, d’autres muscles, comme ceux à l’arrière de la cuisse (les ischio-jambiers), compensent le poids du corps de façon excessive. Ce déséquilibre peut modifier la façon dont les structures du genou bougent entre elles et provoquer des craquements ou une sensation de frottement.

De plus, chez certains patients, notamment trois mois après l’opération, on constate encore une certaine raideur articulaire ou une tension excessive sur les tissus. Cela peut entraîner de petits mouvements anormaux à l’intérieur du genou, perçus comme des craquements ou des ressauts.

Autre facteur souvent impliqué : la proprioception, c’est-à-dire la capacité du corps à sentir la position des articulations. Si elle n’est pas correctement rééduquée, cela peut entraîner des gestes mal coordonnés, augmentant de fait les tensions sur certaines zones du genou.

Il est donc important, dans le cadre du suivi post-opératoire, de vérifier que :

  • Le quadriceps a bien récupéré en force
  • Le genou retrouve toute sa mobilité, sans blocage ni douleur
  • La marche, les montées/descentes d’escaliers ou les mouvements en rotation sont fluides

 

Diagnostic différentiel : quand s’inquiéter ?

Pour autant, si le craquement du genou après opération du LCA s’accompagne de douleur, de gonflement, d’un blocage ou d’une sensation de dérobement, certaines hypothèses sont à explorer :

  • Un conflit méniscal post-opératoire, notamment en cas de suture associée
  • Une arthrofibrose débutante, pouvant entraîner un ressaut douloureux à l’extension
  • Un positionnement sous-optimal du greffon, générant une tension anormale dans certaines amplitudes
  • Ou, plus rarement, une lésion cartilagineuse persistante

Dans tous les cas, une IRM de contrôle ou un arthroscanner sont alors envisagés.

 

Conclusion

Un genou qui craque après ligamentoplastie n’est pas en soi un signe d’échec chirurgical. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un phénomène transitoire lié à la cicatrisation des tissus et à l’adaptation de l’articulation reconstruite. Néanmoins, une consultation auprès d’un spécialiste s’impose pour une évaluation précise si les craquements s’associent à des signes fonctionnels ou douloureux persistants.

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