La rupture du ligament croisé antérieur (LCA) représente une lésion fréquente du genou, en particulier chez les sportifs pratiquant des disciplines à pivots (tennis, gymnastique, ski, etc.). La chirurgie reste l’option de référence pour restaurer la stabilité articulaire et prévenir les lésions secondaires. Et, depuis quelques années, de nouvelles techniques chirurgicales émergent. Elles visent à renforcer la reconstruction classique du LCA ou à préserver le tissu ligamentaire d’origine. Parmi elles, la reconstruction associée au ligament antérolatéral.
A quel moment opère-t-on la rupture du ligament croisé antérieur, LCA ?
La décision d’intervenir dépend de plusieurs facteurs : l’âge du patient, son niveau d’activité, la stabilité du genou et les lésions associées. L’opération n’est donc pas systématique. Certains patients retrouvent une bonne stabilité grâce à la rééducation, surtout si leur pratique sportive reste modérée.
En revanche, une intervention est souvent proposée lorsque le genou reste instable malgré la kinésithérapie.
L’acte chirurgical n’est généralement pas réalisé immédiatement après la blessure. Il est préférable d’attendre la disparition de l’inflammation et la récupération d’une bonne mobilité articulaire. Cette préparation limite le risque de raideur postopératoire et favorise une meilleure cicatrisation.
Reconstruction mixte LCA + antérolatéral dans l’opération du ligament croisé antérieur
Une des évolutions pour l’opération du ligament croisé antérieur concerne la reconstruction « mixte », qui associe la greffe du LCA à un renfort du ligament antérolatéral. Cette structure, longtemps négligée, aide pourtant de façon importante à la stabilité rotatoire du genou. Quand elle est prise en compte, le chirurgien cherche à améliorer la résistance mécanique, notamment lors des mouvements de pivot.
La technique s’effectue sous arthroscopie. Après prélèvement du greffon destiné au LCA, une plastie antérolatérale est réalisée à partir d’un tendon accessoire. L’ensemble est fixé par des tunnels osseux, de manière coordonnée. Grâce à ce renfort, la stabilité du genou s’améliore et le risque de re-rupture diminue nettement. Plusieurs études cliniques confirment une réduction de 3 à 5 fois du taux de récidive par rapport à la reconstruction isolée du LCA. De plus, cette solution protège les ménisques, en réduisant les lésions secondaires observées à moyen terme.
Les suites opératoires et la rééducation restent proches de la technique classique. Néanmoins, l’ajout du renfort antérolatéral se traduit par une meilleure stabilité perçue et une reprise plus sereine des sports exigeants.
Quels en sont les résultats chez les patients ?
Grâce à cette double réparation, le risque de récidive diminue, surtout chez les sportifs exposés aux pivots ou aux changements d’appuis rapides. La stabilité retrouvée permet une reprise plus sûre des entraînements et de la course.
Les études cliniques récentes montrent de bons résultats chez les patients jeunes, très actifs ou présentant une laxité importante. Le genou récupère une meilleure stabilité rotatoire et les sensations de dérobement deviennent plus rares. De nombreux patients décrivent une confiance retrouvée dans leurs appuis, notamment lors de la course ou des gestes techniques complexes. Les taux de re-rupture apparaissent plus faibles que pour une reconstruction isolée du LCA. La rééducation reste comparable, mais la récupération articulaire se fait de manière plus progressive et plus contrôlée.
Conclusion
Cette innovation modifie la prise en charge de la rupture du LCA. La reconstruction mixte répond à la problématique des récidives, notamment dans les sports de pivot, en offrant une stabilité rotatoire renforcée.
En France, plusieurs centres spécialisés adoptent déjà la reconstruction associée au ligament antérolatéral. Il s’agit ainsi de réduire les échecs, préserver les structures articulaires et optimiser la récupération.







